Valeur éthique et plus-value de l’éthique de l’IA

Valeur éthique et plus-value de l’éthique de l’IA (13 avril 2020)

Laurent Cournarie

Résumé. Quel est le statut éthique des principes éthiques pour une IA digne de confiance ?

Article intégral (11 pages) : https://philopsis.fr/archives-themes/la-technique/ethique-humain-ia-valeur-ethique-et-plus-value-de-lethique-de-lia/

Ethique humaine, IA et éthique artificielle

Les êtres humains ont toujours vécu selon des règles éthiques, ces règles ayant toujours constitué le signe de l’exception ou de la spécificité humaine : l’homme est un animal éthique. D’un autre côté, nous vivons déjà et nous vivrons toujours plus dans un environnement d’IA généralisée. Dès lors la question des rapports entre IA, éthique et humanité est inévitable. Il s’agit alors de savoir ce que l’IA fait à l’éthique et même si l’IA n’engage pas de changer de/la morale. 
« Depuis cinq siècles, notre morale est fondée … sur ce postulat humaniste d’une singularité de l’espèce humaine. Nous devons désormais inventer une autre morale qui s’en affranchit » (Gilles Dowek, in Intelligence artificielle, Champs, 2018, p. 246).
La question éthique se formule traditionnellement de deux manières : comment vivre pour être heureux ? que dois-je faire pour être vertueux ? La première formulation relève plutôt de l’éthique (bien = bonheur = vertu), la seconde plutôt de la morale (bien = vertu = devoir). Mais éthique et morale ont la même racine et sont utilisées aujourd’hui indifféremment l’une pour l’autre dans la philosophie contemporaine.
Si l’on transpose et on applique à l’IA la question éthique dans sa double formulation ou composante, il s’agit de savoir comment bien vivre avec l’IA? Que devons-nous faire ou avec quelle IA voulons-nous vivre ? Il est de notre responsabilité de déterminer le monde de l’IA dans lequel nous aspirons à vivre. 
Plus précisément la réflexion éthique sur l’IA s’articule autour de trois problèmes. 
1/L’IA intime désormais de définir des règles éthiques pour des SIA[1]  : soit le problème de la programmation éthique des IA (SIA) ;
2/ L’IA oblige à un encadrement éthique parce que son développement et son usage peuvent massivement contrevenir aux valeurs fondatrices des sociétés modernes : soit le problème de la préservation l’humain au cœur de l’IA, ou d’une IA digne de confiance, éthique, responsable, inclusive, etc.[2] ;
3/L’IA pose la question de la reconnaissance potentielle du statut éthique à une SIA : soit le problème de la considérabilité morale des IA et/ou SIA (APAM[3]).
Ces trois problèmes soulignent un fait majeur : peut-être pour la première fois de son histoire, l’humanité tente de définir éthiquement les conditions de son progrès technologique. Toute la question est de savoir si cet encadrement est simplement un accompagnement décoratif ou une orientation normative effective et donc ce que “éthique” peut signifier, précisément, en l’occurrence. L’humanité contemporaine se trouve en même temps deux fois dans cette situation tout à fait inédite : par la révolution IA et par l’évolution climatique de l’anthropocène — c’est pourquoi, les enjeux de l’éthique de l’IA et de l’éthique environnementales ne devraient pas pouvoir être séparés.

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