Idolâtrie et monothéisme

Idolâtrie et monothéisme
Laurent Cournarie — 21 octobre 2021

Qu’est-ce que l’idolâtrie ? Voici quelques considérations plutôt spéculatives sur l’interdit de l’idolâtrie dans le monothéisme, indépendamment de toute exégèse religieuse.
L’idolâtrie est pour le monothéisme, la religion fausse (ou le contraire de la religion vraie), alors synonyme de paganisme. Si Dieu seul est saint, alors tout ce qui n’est pas Dieu est une idole et adorer ce qui n’est pas Dieu à la place de Dieu, ou adorer comme Dieu ce qui n’est pas Dieu, c’est de l’idolâtrie. Idolâtrer c’est sacraliser ce qui n’est pas sacré et/ou saint, c’est-à-dire de fait adorer des idoles feintes ou des images. Mais deux ou trois cas se présentent au moins
1) adorer des images comme des dieux — l’idolâtrie, l’adoration d’images
2) adorer des dieux à travers leurs idoles — l’idolâtrie, le polythéisme 
3) utiliser des idoles pour adorer Dieu — l’idolâtrie, le culte iconique
Si l’interdit de l’image (aniconisme) (« Tu ne feras point d’image taillée ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. ») est si puissant, dans le judaïsme et dans l’islam, c’est précisément parce qu’il exclut l’idolâtrie. L’image, soit désacralise Dieu (qui transcende toute chose et toute image des choses) — l’image de Dieu abolit le sacré de séparation — , soit sacralise ce qui ne le mérite pas (non Dieu) — l’image sépare de Dieu : on adore ce qui ne mérite pas de l’être. En fait l’image réalise les deux en même temps : elle nie la séparation de Dieu (abaissement de la transcendance) et elle sépare de Dieu (oubli et négation de la sainteté exclusive de Dieu).
Mais les motifs théologiques sur l’image sont différents dans les trois religions monothéistes. 

L’image, le polythéisme et l’associationisme

Le Coran n’interdit formellement qu’une seule chose : la représentation de Dieu. Il y a là deux raisons :
1. Dieu est au-delà de l’image parce qu’il est au-delà de tout. Etre au-delà, c’est être aniconique. L’image est donc par nature profanatrice. 
2. l’image de Dieu détourne sur elle l’adoration réservée à Dieu. L’adoration d’autre chose que Dieu vient avec l’image : donc il faut interdire la représentation de Dieu. Il n’y a Dieu que Dieu : une image de Dieu nie l’unicité absolue de Dieu ou, ce qui revient au même, nie le commandement d’adorer uniquement l’unicité de Dieu. Par ce biais, sans doute l’interdit de l’image (de Dieu) est en relation directe avec la condamnation du polythéisme. L’interdit de l’image et la condamnation du polythéisme procèdent d’une sorte de proto-interdit contre l’associationnisme. Faire une image de Dieu c’est l’associer à autre chose que lui qui recevra une part de l’adoration exclusive qui lui est due. Or il n’y a Dieu que Dieu, donc l’image de Dieu est le péché par excellence, irrémissible, péché d’associationnisme (chirk). C’est pourquoi l’islam condamne le christianisme comme une religion polythéiste. Les chrétiens, bien que reconnus avec les juifs comme les « gens du Livre », sont qualifiés d’associateurs (mushrikûn), c’est-à-dire polythéistes (mushrikûn) : le christianisme est pour l’islam un polythéisme — le dogme de la Trinité, étant curieusement interprété par l’islam comme associant Dieu, Marie et Joseph (?), et non Dieu, le Christ et le Saint Esprit. La vraie religion professe l’unicité de Dieu et son unité, donc écarte formellement toute idée de personne divine (Sourate 1) : un unique Dieu un.  
Ainsi s’il n’y a Dieu que Dieu :
– on ne peut lui associer une image : on ne peut adorer que Dieu (interdit de l’image), on ne peut lui associer plusieurs personnes : on ne peut adorer Dieu dans plusieurs personnes (interdit du polythéisme dont le dogme trinitaire)
– l’idée d’incarnation est sacrilège : on ne peut adorer le Christ comme un Dieu (quasi-interdit du christianisme). Les passages des sourates qui dénoncent le crime d’associationisme sont nombreux et plutôt sans appel. Par exemple (Coran, trad. Kasimirski, GF) :  « Dieu ne pardonnera pas le crime de ceux qui lui associent d’autres divinités ; il pardonnera tout le reste à qui il voudra » (IV, 116) ; « Infidèle est celui qui dit : Dieu, c’est le Messie, fils de Marie. Le Messie n’a-t-il pas dit lui-même : O enfants d’Israël, adorez Dieu qui est mon Seigneur et le vôtre ? Quiconque associe à Dieu d’autres dieux, Dieu lui interdira l’entrée du jardin, et sa demeure sera le feu. Les pervers n’auront plus de secours à attendre »(I, 76) ; « Infidèle est celui qui dit : Dieu est un troisième de la Trinité. Il n’y a point de Dieu si ce n’est le Dieu unique. S’ils ne désavouent ce qu’ils avancent, un châtiment douloureux atteindra les infidèles » (V, 77) ; « Le Messie, fils de Marie, n’est qu’un apôtre ; d’autres apôtres l’on précédé. Sa mère était juste. Ils se nourrissaient de mets. Vous voyez comme nous leur expliquons l’unité de Dieu, et vous voyez également comme ils s’en détournent » (V, 79) ; « O croyants, ceux qui associent sont immondes (IX, 28).
Dans les Hadiths, on trouve des passages qui proscrivent aussi la représentation du prophète (mais aussi de tout être vivant). Le prophète n’est pas Dieu. Donc adorer le prophète devrait être prohibé et sa représentation autorisé. Il est interdit et impossible de représenter Dieu en tant que Dieu : il devrait être licite et possible de représenter le prophète de Dieu qui n’est pas Dieu. Mais le prophète est adorable pour la perfection de son adoration de Dieu. Il est donc interdit de représenter l’homme parfait, prophète vrai de la vraie religion. Pour l’être vivant, Dieu seul en est le créateur, et représenter la vie c’est pécher contre Dieu en rivalisant avec son pouvoir exclusif de création.
Faire une image n’est jamais un acte anodin. Il y a là comme une opération magique et proprement sacrée : retenir la vie qui s’en va, la ressusciter ou en donner l’illusion,  rendre présente l’absence, démultiplier la présence. L’image surmonte la mort. C’est aussi le double, aussi fascinant que terrifiant. L’image ce n’est ni tout à la fait le même (l’original) ni tout à fait l’autre, mais quelque d’autre que le même et que l’autre. L’image est comme un passager clandestin qui rôde entre les deux mondes que la religion veut tenir rigoureusement séparés.
Ce n’est certainement pas un hasard si l’interdit de l’idolâtrie se noue très précisément ou principalement autour de l’image. Il n’y a pas l’équivalent d’une “scriptolâtrie”. Dieu se transmet par la parole, non par l’image. Le monothéisme déclasse l’image comme un régime anthropologique, voire anthropocentrique de représentation.

La trahison de l’Alliance

Dans le judaïsme, l’idolâtrie est aussi l’objet d’un interdit absolu, mais l’accent est différent, portant sur la rupture de l’Alliance. Dans la Bible, le concept d’« idolâtrie » n’existe pas à proprement parler. La notion apparaît sous la locution « laâvod èlohim ahérim » ou « lalèkhèt aharé èlohim ahérim » : servir / adorer d’autres dieux ou se laisser entraîner par d’autres dieux, ce qu’on peut traduire par “culte étranger, ou profane” (âvoda zara). Il s’agit donc essentiellement d’une trahison par rapport à Dieu qui a noué une alliance avec Son peuple. Une trahison et même un adultère : le peuple subit la séduction du faux dieu et renonce à sa fidélité à Dieu. Elle est le strict contraire de l’éducation proposée par la Torah. Il y a idolâtrie dès lors que l’homme qui, absolutisant une idée, une personne, une chose, se taille un dieu à sa mesure.

Le sacrilège de l’interdit de l’image

Le christianisme se distingue des monothéismes juif et musulman pour avoir finalement sauvé l’image de l’anathème. Le « génie du christianisme » — si l’on veut considérer par là que l’adoration iconique a libéré la possibilité de l’image figurative, au fondement de toute l’histoire de l’art occidental — a consisté à inverser la primauté judaïque de la parole sur l’image, attestant par là l’influence de la culture grecque sur le christianisme (R. Debray, Vie et mort de l’image, Galliamrd, 1992, p. 82), après une histoire mouvementée. C’est bien encore et toujours le péché d’idolâtrie qui a été au cœur des débats théologiques entre les iconoclastes et les iconodules (iconophilies) au 2ème Concile de Nicée en 787 qui a vu la victoire des seconds sur les premiers. 
La solution du conflit qui a prévalu fut celle-ci. L’hommage rendu à l’icône « va au prototype » : ce n’est pas l’image qui est objet de culte mais le prototype dont elle est l’image. Quiconque vénère une image, vénère en elle la personne qui y est dépeinte (cf. aussi, Thomas d’Aquin, Somme théologique, II, 2, 81, 3, ad 3). Il s’agit alors de distinguer, à la suite de la quatrième session du Concile de Nicée II, entre l’adoration de latrie qui revient à Dieu et l’adoration de respect, vénération relative ou d’honneur adressée à l’image de Dieu. Ensuite celui qui vénère les images non seulement n’est pas idolâtre mais c’est refuser cet hommage qui est sacrilège car c’est mépriser l’Incarnation de Dieu. Il n’est pas interdit de représenter Dieu ou ses saints puisque le Christ « est l’image du Dieu invisible » (saint Paul, Epître aux Colossiens, 1, 15). Comme l’écrit R. Debray : « L’Occident a le génie des images parce qu’il y a vingt siècles est apparue en Palestine une secte hérétique juive qui avait le génie des intermédiaires… Le christianisme [grâce au dogme de l’Incarnation] a tracé la seule aire monothéiste où le projet de mettre les images au service de la vie intérieure n’était pas dans son principe idiot ou sacrilège ». Vive l’art, vive l’image

Idolâtrie et culte des reliques 

Mais le monothéisme peut-il se passer d’idolâtrie ? 
Le guide spirituel dans l’islam chiite par exemple n’est-il pas l’objet d’une sorte de culte idolâtrique par la ferveur, les prières, les sacrifices dont il fait l’objet, de ces foules immenses et effervescentes ? On lui baise la main, on s’incline, on multiplie les marques de déférence et on maintient autour de lui une aura par la distance et toute une mise en scène. Le médiateur capte alors, pour les fidèles du moins, une partie du sacré de Dieu. Il ne se contente pas de répéter la parole de Dieu, il l’incarne, sans être Dieu pour autant. Sa prédication fascine, envoûte, frappe de stupeur, enthousiasme jusqu’au sacrifice. 
Dans le christianisme, le culte des saints comporte le risque permanent de l’idolâtrie On distingue en théologie catholique, après le concile de Trente (1545-1553) et contre la réforme :
– le culte de latrie (Dieu et les personnes de la Trinité — latreia, culte, adoration) ;
– le culte de dulie (saints — de doulos, l’esclave, le serviteur) ;
– le culte d’hyperdulie (Vierge). 
Et on y distingue encore, des degrés :
– la dulie absolue pour le saint ;
– la dulie relative pour la relique ;
— et deux formes de dulie :
– la vénération par laquelle le fidèle témoigne le respect dû au saint ;
– l’invocation par laquelle il demande l’intercession du saint pour obtenir de Dieu un avantage.
Le fidèle prie devant l’image ou la statue du saint, y dépose une bougie, une offrande ou un ex voto. Le saint a son lieu (une chapelle). Il y a autant de chapelles que de saints, dont souvent le saint patron de la paroisse de la ville qui est l’objet d’un culte plus spécial, pendant une fête dans le calendrier, où la communauté se retrouve — là où le culte des autres saints peut être plus individuel. Or c’est aussi par le culte des saints, par la permanence des œuvres matérielles (images, statues) dans le temps que se constituera la continuité de la communauté. Le culte des saints mérite-t-il d’être qualifié de saint ou de sacré ? 
Dieu est saint (« Saint, Saint est le seigneur » : « Toi seul es Saint, Toi seul es Seigneur, » dit l’apôtre Pierre (1 Pe 3, 15). Saint est l’imitateur du Christ, soit le martyr pour sa foi infaillible en témoignage du Christ ou celui qui dont la piété est exemplaire,  modèle de pauvreté, d’humilité, de charité. Adorer le saint qui est saint parce qu’il a imité le Christ est licite. Il y a donc un culte en esprit et en vérité du saint. Le saint n’est pas un dieu, mais un serviteur parfait de Dieu. Ainsi on ne rend pas le culte de latrie au saint. Donc le catholicisme n’est pas une religion idolâtrique. Thomas d’Aquin, dans le prolongement d’Augustin fixe le culte des reliques : « Il est sot de vénérer un objet insensible, ce que sont pourtant les restes des saints… Ainsi donc, en honorant les reliques des saints, nous ne tombons pas dans l’erreur des païens qui rendaient aux morts un culte de latrie. Nous n’adorons pas ce corps insensible pour lui-même, mais à cause de l’âme qui lui est unie et qui jouit maintenant de Dieu, et à cause de Dieu, dont l’âme et le corps furent les serviteurs » (Somme théologique, III, Q. 25, a. 6). 
Mais le sacré y conserve toute sa place, au moins dans la religion populaire : la foi a besoin d’une adoration locale, d’être enracinée dans une terre, d’être incarnée dans des objets. Le culte du saint contribue à sacraliser l’espace : non seulement le lieu de culte où le saint a son image ou sa statue, mais l’espace alentour que vient sacraliser la procession. On sort la statue du saint, on dessine un parcours avec des stations à des calvaires, des chapelles : la société se rassemble et se ressource dans la fête du saint, la géographie du sacré et du profane se redessine.
En outre le culte du saint, qui ne se confond jamais avec le culte liturgique, est très propice au développement d’une quasi-magie ou de la superstition (sur les miracles, les guérisons). Et cette pratique superstitieuse autour du culte du saint a pour support la relique.
Le culte de la relique n’est pas propre au christianisme, mais il y a sans doute atteint des formes et une importance tout à fait spécifiques. La relique atteste un besoin de lier sa foi à des objets sacralisés. Le culte reliquaire est, en quelque sorte, la forme sainte du fétichisme : le fidèle a besoin de voir, de toucher, de baiser, de posséder ce qu’il adore. La relique rassure par sa présence, conforte, conjure la peur, intercède pour le salut. Or à ces fins, rien ne remplace la matérialité d’un objet qui reste d’un être saint, qu’on peut contempler ou toucher. Saint Basile écrit : « Celui qui touche les os des martyrs participe à la sainteté et à la grâce qui y réside ». L’âme sainte du saint étant jointe au corps, le corps ou un élément du corps est également saint. Le saint se communique de l’âme ou de la piété de l’âme. On retrouve, sous le terme de saint, et dans un sens positif, la contagiosité propre au sacré. Tout ce qui a été en contact avec ce qui est saint est saint et doit être conservé pour se communiquer par contact. Et la contagiosité positive de la sainte relique, exactement inverse de la souillure, vaut aussi bien pour ce qui reste des parties du corps de Jésus, des saints, des martyrs, que pour les objets de leur usage ou les instruments de leur supplice. Ainsi il y a les reliques insignes (corps entier ou membre entier), les reliques notables (partie d’un membre), les reliques minimes (fragment d’une partie d’un membre) et la relique simple (objets en contact avec les saints), et donc une hiérarchie entre les reliques  — un fragment même minime de la Sainte-Croix est plus saint qu’un membre du corps d’un saint qui est plus saint qu’une étoffe touchée par le saint.
L’Eglise a beau poser des conditions (saint canonisé et relique authentifiée) et des limites au culte reliquaire (préférant parler de tradition, de modération, de vénération) — le concile de Trente recommande aux fidèles de ne pas « abuser de la célébration des fêtes des saints et de la visite de leurs reliques pour les transformer en jours de festin et d’ivrognerie » — il aura été une pratique très dynamique, constituant à partir du Haut Moyen Age un marché et même un commerce florissant : Deusdona aura été un marchand connu au début du IXè. Chaque église, chaque village réclamait sa relique. On n’hésita pas à voler des ossements. Le plus célèbre est sans doute le vol des ossements de sainte Foy à Agen par un moine de l’abbaye de Conques dont le transfert a permis l’enrichissement du lieu en devenant un centre de pélerinage contre son rival de l’époque, le monastère de Figeac. Mais dans la période récente encore, la consécration de l’autel exige le dépôt d’une relique — la pratique est devenue une obligation au Vè Concile de Carthage en 401. Et le sacre du roi en France, depuis le baptême de Clovis à la fin du Vè siècle, était inconcevable sans la Sainte Ampoule — ce crème miraculeux apporté selon la légende par une colombe au futur Saint-Rémi pour oindre Clovis lors de son baptême : le reliquaire en est conservé à Reims.
Mais le culte des reliques a connu les pires abus par superstition. Non seulement l’Europe s’est peuplée de centaines de brindilles du Buisson ardent, de la nappe des noces de Cana, des pantoufles de Joseph, mais aussi de reliques “gazeuses” comme les souffles conservés en bouteille — celui du “han” de saint-Joseph fendant une bûche, et même un éternuement du Saint-Esprit rapporté par Agrippa d’Aubigné. 
C’est contre l’abus des indulgences mais aussi contre l’abus du culte reliquaire que s’est dressé Luther et plus tard Calvin qui rédigea en 1543 un Traité des reliques :
«  Le premier vice et comme la racine du mal a été qu’au lieu de chercher Jésus-Christ en sa parole, en ses sacrements et en ses grâces spirituelles, le monde, selon sa coutume, s’est amusé à ses robes, chemises et drapeaux ; et en ce faisant a laissé le principal pour suivre l’accessoire »  (p.19) ; « La convoitise d’avoir des reliques n’est quasi jamais sans superstition et, qui pis est, elle est mère de l’idolâtrie, laquelle est ordinairement conjointe avec » (p.20) ; « Mais encore que nous laissions là les saints, avisons que dit saint Paul de Jésus-Christ même. Car il proteste de ne le connaître plus selon la chair après sa résurrection (2 cor.5,16), admonestant par ces mots que tout ce qui est charnel en Jésus-Christ se doit oublier et mettre en arrière afin d’employer et mettre toute notre affection à le chercher et posséder selon l’Esprit. Maintenant donc, de prétendre que c’est une belle chose d’avoir quelque mémorial, tant de lui que des saints, pour nous inciter à la dévotion, qu’est-ce sinon qu’une fausse couverture pour farder notre folle cupidité qui n’est fondée en nulle raison ? » (p.20 et 21) ; «  Voilà donc comme la folle curiosité qu’on a eue du commencement à faire trésor des reliques est venue en cette abomination toute ouverte, que non seulement on s’est détourné du tout de Dieu pour s’amuser à choses corruptibles et vaines, mais que, par sacrilège exécrable, on a adoré les créatures mortes et insensibles, au lieu du seul Dieu vivant. » (p.22) ; « On les a adorés, on leur a fait tous signes de révérence. Et qu’en est-il advenu ? Le Diable, voyant telle stupidité, ne s’est point tenu content d’avoir déçu le monde en une sorte, mais a mis en avant cette autre déception de donner à titre de reliques de saints à ce qui était du tout profane. Et Dieu, par sa vengeance, a ôté sens et esprit aux incrédules, tellement que, sans enquérir plus outre, ils ont accepté tout ce qu’on leur présentait sans distinguer entre le blanc ou le noir. » (p.23)

Un monothéisme sans idolâtrie est-il donc possible ? Les monothéisme juif et islamique revendiquent un monothéisme sans idolâtrie iconique. Le chritianisme élabore une théologie de l’icône. Mais tout monothéisme comme religion effective recompose l’idolâtrie sous des formes aniconiques. Qu’est-ce qu’une religion monothéiste sans idolâtrie ? Une mystique, dont les pouvoirs religieux se méfient toujours, voire qu’ils persécutent.

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